• De la pluie, de la tempête, des orages, ... bref, du raid !

    FINALE DU CHALLENGE NATIONAL : Même si la qualification pour cette finale n'était pas un objectif affiché dès le début de saison (sinon, nous aurions participé à davantage de manches qualificatives), nous étions impatients (surtout moi !!) de découvrir les équipes qualifiées. Nous faisions finalement partie des 50 équipes qualifiées et nous avons donc décidé de nous rendre à l'Orient Raid (Grande Traversée des Cantons de l'Hérault) en formant une équipe inédite : Arno, Maxime et moi (Tibo), accompagné par notre assistant / chauffeur / mécano Yvon. Nous n'oublions pas Jacques et Xavier, qui nous ont permis de nous qualifier au travers des manches qualificatives.

     Orient'Raid

    VOYAGE ET PRÉPARATIFS : Départ de la Normandie en fin de matinée sous la pluie. On a quand même un peu d'espoir que cela s'améliore en descendant vers le sud, même s'ils annoncent des pluies éparses sur l'Hérault. On croise sur une aire d'autoroute les Coyotes, l'autre équipe bas-normandes qualifiée sur cette finale nationale. La route se passe bien mais la pluie tombe toujours. Les deux dernières heures se font sur de petites routes étroites et sinueuses, le tout dans un brouillard très épais (visibilité : entre 20 et 30 mètres). Merci à Yvon qui a conduit dans ces conditions difficiles (il fallait bien qu'il se prépare pour le week-end !). Arrivée à la Salvetat sur Agout à 22h, retrait des dossards, puis direction le camping on nous posons nos tentes. Le temps ne s'améliore pas et la nuit est agitée (vent très violent qui secoue bien les tentes et pluie très intense).

    BRIEFING : L'organisation avait mis en ligne quelques jours avant le raid, le Road-book concurrent avec les distances exactes et les dénivelés de chacunes des sections, ainsi que des estimations de temps (mini/maxi) selon que l'on prenne ou non les balises optionnelles. Les barrières horaires étaient également indiquées. Après analyse de ces données, on a convenu rapidement que nous ne ferions aucune balise optionnelle, afin d'essayer de franchir toutes les barrières horaires (pour ne pas répéter les erreurs de Millau) qui sont très très serrées (même par temps sec). Compte-tenu des conditions de course qui s'annoncent, nous n'avons au départ quasiment aucun espoir de les franchir toutes. Lors du briefing (à l'abri), les dernières consignes sont données alors qu'à l'extérieur, il pleut toujours des cordes. On salue quelques copains du Nord Ouest (bretons, normands, sarthois ...) avant de rejoindre l'aire de départ 300 mètres plus bas au bord du lac.

    SECTION 1 :  

           Épreuves : Relais Trail 4,5 km (200 m D+) + Canoë photo aérienne 6,5 km
           En course : Tibo en trail - Maxime et Arno en canoë

    La pluie s'est calmée (un peu). Le départ de cet Orient'Raid 2012 peut être donné. Après 30 mètres de plat, on "escalade" un gros talus (passage en tête pour moi à ce moment), avant de prendre un chemin roulant qui permet aux spécialistes d'allonger la foulée. Le chemin devient ensuite de plus en plus raide et le dénivelé est avalé assez rapidement. Le coeur monte vite, d'autant plus que l'échauffement a été très très court (c'est le cas pour tout le monde). Au sommet, je dois être en 12ème position. Cela n'évoluera pas dans la descente (technique et pentue au début, plus rapide ensuite) au cours de laquelle nous récupérons la carte (plastifiée !) pour l'épreuve canoë. A l'arrivée, je transmets à Arno et Max la carte et le tracker GPS et échange quelques mots avec des copains raideurs (Azimut 72, Sud Loire, Flying et les Coyotes). Je retrouve ensuite Yvon (et une veste chaude des Petits Suisses Normands) puis Frank des Coyotes nous rejoint. Pendant cette section canoë, les raideurs devaient débarquer pour aller chercher chacune des balises (à cause d'un lâcher d'eau la veille, qui a eu pour conséquence d'abaisser très fortement le niveau de l'eau qui s'est retrouvée à une trentaine de mètres des rives).  Sur la passerelle, certains guettent le retour des kayaks. Ça y est, trois bateaux en vue.

    Orient Raid 2012

    Ayant choisi de ne pas faire les balises optionnelles, j'ai l'espoir (et la certitude) que mes équipiers sortent en bonne position de l'eau. Mieux que ça, ils débarquent en tête avec une belle avance sur les suivants. Le temps de remonter le bateau, de récupérer les cartes de C.O et les voilà parti pour la section 2.

    SECTION 2 :  

           Épreuves : Trail suivi d'itinéraire 5,8 km (300 m D+) + C.O sur carte IOF 7,8 km (200m D+)
           En course : Maxime et Arno

    Pendant que nous montons un col en camion, puis que nous rejoignons une maison forestière, Arno et Max avalent le dénivelé positif du trail. Ils se maintiennent en tête pendant la quasi totalité de la partie trail. Ils s'engagent ensuite dans une belle C.O sur carte IOF. Pas de risque pris, cela se passe plutôt bien, à l'exception de la balise 5, autour de laquelle ils "jardinent" un petit peu. A la transition, les "grosses" équipes ont déjà pris la tête, sous une pluie quasi-continue. Pour ma part, changement de pneu sur le VTT (j'avais un pneu arrière qui aurait été idéal par temps sec, ce que l'on aurait pu imaginer avec une finale dans l'Hérault) et derniers préparatifs avant un gros enchaînement de sections. Arno et Max arrivent autour de la 15ème position.

    Orient Raid 2012

    SECTION 3 :  

           Épreuves : VTT  Orientation + VTT suivi d'itinéraire 14 km (300 m D+) 
           En course : Maxime et Tibo

    Maxime enchaîne sa troisième section, qui sera plutôt roulante dans l'ensemble, mais évidemment bien humide. Pas de souci en orientation, tout s'enchaîne très bien. On croise les Sud Loire Raid Aventure qui galèrent sur la balise 5 ; on leur indique sur quel chemin on se trouve. On perd quelques places sur cette section car Max gère son rythme pour ne pas se mettre dans le rouge (le raid est encore très long). Ah oui j'oubliais, sur cette section la visibilité moyenne est de 20 mètres ! Cela permet de découvrir le dénivelé au dernier moment. Notre seule crainte est de rater une balise "sauvage" (non cartée) sur les portions en suivi d'itinéraire, ce ne sera pas le cas. Sur la fin de la section, on est rattrapé par nos copains d'Azimut 72, ainsi que par la meilleure équipe mixte, le Team Quechua Raid.

    SECTION 4 :  

           Épreuves : C.O photo aérienne  5,8 km (150 m D+) 
           En course : Arno et Tibo

    Après un changement de chaussures pour moi, on repart avec Arno pour cette section qui s'annonce difficile compte-tenu de la visibilité réduite. On longe un lac, une première balise, puis direction une cascade pour la balise 2. On tombe dessus assez vite, ce qui nous permet de rattraper et doubler un paquet d'équipes (dont Azimut 72 et Quechua) qui l'avait attaqué par le "mauvais" côté. On repart à plusieurs jusqu'à la balise suivante. Ensuite, nous quittons les autres équipes pour suivre une longue piste. La visibilité est toujours très faible, ce qui ne facilite pas la lecture de carte. On jardine sur la balise 4, alors que l'on était tout près (mais le bosquet était dans le brouillard). On fait une boucle et on tombe sur Ophélie et Vadim (Sud Loire). On reprend le même chemin et on finit par tomber sur cette fameuse balise 4. On poursuit ensemble sur plusieurs balises, et on retrouve Julien et Vanessa (Flying Avent'hure), avec qui on finit la section, en traversant plusieurs zones très marécageuse, où la progression est assez lente.

    SECTION 5  :  

           Épreuves : VTT suivi d'itinéraire  25 km (350 m D+ / 1090 m D-) 
           En course : Arno et Tibo

    Nouveau changement de chaussures ; les VTT sont prêts, on repart avec Arno pour une grosse section, à profil descendant, marqué par une barrière horaire (16h30). Le vent est très violent et la pluie continue à tomber. On repart avec les Flying, puis on fait un petit écart avec la répétition des faux-plats montants. Le début s'enchaîne bien, les kilomètres défilent et on double quelques équipes. Un changement de carte un peu long permet à quelques équipes de revenir sur nous, mais une longue bosse en cailloux nous permet de refaire l'écart. Petit coup d'oeil à la carte pour aller chercher une balise à côté d'une chapelle bien perchée sur la montagne. On attaque ensuite la très longue descente de 900 mètres de dénivelé. Le chemin zigzague dans les gros cailloux, c'est très glissant et nous passons une grande partie à pied. Une vététiste nous double sur le vélo, c'est assez impressionnant. Cette descente est interminable. On rejoint ensuite une partie moins raide dans la forêt, mais les chemins sont toujours très techniques. Une petite erreur d'orientation nous fait perdre quelques minutes et nous fait perdre l'espoir de passer la barrière horaire. On retrouve plusieurs équipes qui nous prennent quelques minutes sur cette fin de section, Arno ayant un petit coup de barre. Nous terminons cette section à 16h55, pas de regret, nous étions vraiment trop loin de la barrière horaire, que seules 14 équipes ont franchi. Nous ne ferons donc pas le trail de montagne (8,5 km et 900 m de D+) ni les épreuves de cordes (via corda et rappel). Nous rejoignons donc le départ de la section suivante en camion, ce qui nous permet de récupérer un peu avant les deux dernières sections de la journée. Pain, fromage, saucisson, vive le salé !

    SECTION 8  :  

           Épreuves : VTT road-book  18 km (760 m D+) 
           En course : Arno et Tibo

    Après un changement de vêtements, on apprécie le fait d'être au sec, surtout que la pluie nous épargne pendant presque trois quarts d'heure sur cette section. Le début est roulant, le road-book est bien fait et nos sensations sont bonnes. Malheureusement, Arno crève. On tente de réparer rapidement avec une bombe anti-crevaison, mais on est obligé de s'arrêter de nouveau un peu plus tard car cela ne suffit pas. Pendant qu'Arno regonfle son pneu, deux équipes arrivent et hésitent un long moment sur l'intersection. Je leur indique la bonne direction (aucun doute sur le road-book) et je m'aperçois qu'il s'agit de l'équipe Quechua (la référence du raid en France ces dernières années). On repart derrière eux, mais ils descendent plus vite que nous. La nuit tombe et on retrouve une courte portion de route, avant de rejoindre un chemin qui plonge vers une rivière. Devant nous, un concurrent chute assez lourdement. Arno va s'assurer que ça va (il est un peu sonné) pendant que j'appelle son équipier qui a déjà traversé la rivière (80 cm de profondeur et beaucoup de courant) et qui remonte de l'autre côté. Une fois l'équipier revenu, nous reprenons notre chemin (la rivière est bien fraîche) avec les INSA Mighty Marmots qui nous ont rejoint lors de notre arrêt. La fin de la section est constituée de longues montées dans les cailloux, qui ne passent pas en vélo pour la plupart. Et pour finir, nous empruntons une large piste (en montée également) où nous roulons un peu avec les Arverne Outdoor, qui finissent par nous lâcher. Arno souffre en cette fin de section et prend une gamelle en remontant sur son vélo (vive les pédales auto quand on est fatigué). Il sentira un peu plus tard de fortes douleurs à une côte.

    Orient'Raid

    SECTION 9  :  

           Épreuves : Trail suivi d'itinéraire  13 km (630 m D+ / 1030 m D-) 
           En course : Maxime et Tibo

    Départ prudent pour moi, car il faut réhabituer les jambes à courir. Au bout d'une dizaine de minutes, ça va mieux et on commence à rattraper des équipes. On retrouve notamment Ophélie et Jérome (Sud Loire). Petit oubli (comme beaucoup d'équipes) de la seule balise cartée mais à l'écart du chemin à suivre (la lucidité de tout le monde commence à baisser). Petit demi-tour, grosse montée et on trouve finalement cette fameuse balise (à priori mal placée sur la carte). C'est reparti, le vent souffle très violemment et on enchaîne deux belles côtes très raides (le Mont Paréviol et le Mont Agut). On observe un nombre important de salamandres, de sorties avec la nuit et l'humidité. La partie suivante se fait bien, mais les chemins ne sont pas visibles, ce qui nous oblige à quelques ajustements au niveau de l'orientation, ce qui est le cas de la plupart des équipes. Dans une zone pleine de fougères, on rattrape plusieurs équipes, dont l'équipe d'Arverne Outdoor (qui se bat avec Quechua pour la victoire en mixte) descendue trop bas dans la pente. On finira cette section à trois équipes, après un passage dans un petit hameau, une longue remontée en marchant, puis une grosse descente plongeant sur la ville d'Avène les Bains, terme de cette première journée de course. J'évite d'ailleurs une très grosse chute à 300 mètres de l'arrivée (il est temps d'aller se coucher). On retrouve Arno et Yvon, puis on file vider nos doigts électroniques. On croise Vadim qui attend (impatiemment) ses équipiers Jérome et Ophélie. Petite soupe (très très) chaude pour Maxime, et direction le Camping de Ceilhes et Rocozels, lieu de départ du dimanche matin.

    LA NUIT : Après une bonne douche chaude, direction le duvet. Ah oui, j'oubliais, la pluie tombe toujours. On met deux réveils à 2h40 (briefing à 3h40). A 3h, Arno nous réveille (heureusement que ses douleurs à une côte l'ont réveillé). On n'a pas entendu les réveils mais on s'en tire bien (les raideurs haut-normands des INSA Mighty Marmots se sont eux réveillés à 4h30, pour un départ à 4h). P'tit déj très rapide, rangement des tentes, habillage et direction le lieu de départ dans le centre de Ceilhes et Rocozels. On est juste à l'heure, mais on est les premiers arrivés ! Le temps de décharger les VTT (2ème section de la journée) et la place se remplit. Tout le monde essaie de se mettre à l'abri de la petite tonnelle de l'organisation mais il n'y a pas de place pour tout le monde. On croise les Azimut 72 qui abandonnent. Les portes de leur fourgon sont verrouillés avec leurs VTT à l'intérieur et impossible de les ouvrir depuis le samedi soir. Ils feront juste la première C.O avec de déclarer forfait. La poisse ... Court briefing de l'organisateur puis mise en ligne face aux cartes de C.O.

    SECTION 10  :  

           Épreuves : C.O urbaine  2,2 km (30 m D+) 
           En course : Maxime, Arno et Tibo

    Cette C.O urbaine est la seule épreuve où nous serons tous les trois en course simultanément. Elle se dispute au carton de pointage (toutes les autres sections se font au doigt électronique). Max au pointage, Arno et moi à la carte. Les balises sont en ordre libre. Ça part assez vite. A la troisième balise, nous laissons le paquet d'équipes qui étaient avec nous depuis le début. La suite se passe bien et nous rentrons au bout d'une grosse vingtaine de minutes. Notre stratégie aura été bonne puisqu'apparemment nous terminons cette section en troisième position.

    SECTION 11  :  

           Épreuves : VTT Orientation  24 km (730 m D+) 
           En course : Arno et Tibo

    Le temps d'enfiler nos chaussures (trempées) de VTT, de se caler sur la carte et c'est parti. La pluie tombe tellement qu'il faut sans cesse essuyer le porte-carte. Le début est roulant et on se retrouve en compagnie de deux autres équipes. On les laisse lorsqu'elles partent en direction des premières balises optionnelles. Comme la veille, on ne tentera aucune balise optionnelle, car les barrières horaires sont serrées. Pas trop d'inquiétude pour la première (8h15 à la fin de cette section / on est parti vers 4h30) mais la seconde à 12h30 après l'épreuve surprise, un trail-C.O et un VTT road-book s'annonce beaucoup plus compliquée. Une traversée de route, où on entend les encouragements pour l'équipe Quechua, puis une longue remontée nous conduit à la balise 1. On prend le temps de choisir notre itinéraire car la balise suivante est très loin. Notre rythme est bon, on rattrape puis distance une équipe. Cela continue de monter. Une petite hésitation sur un chemin à gauche (il fait toujours nuit) permet à Quechua et Arverne Outdoor de nous rattraper. Ils nous distancent sur une piste roulante et descendante. En bas de la descente, je fais une erreur  et on remonte une piste pendant 200 mètres. Demi-tour, on se recale, traversée de rivière et on récupère la route. Le vent souffle toujours et il fait vraiment froid. Cette option rallonge un peu le parcours mais elle est payante en temps. On retrouve une piste puis un petit sentier pour rejoindre la balise 2. On alterne entre marche et VTT sur ce chemin étroit et en dévers. L'équipe mixte des Chauds Patates nous rattrape. On roule (ou plutôt marche) un moment ensemble mais on s'écarte du sentier sans s'en rendre compte. On se retrouve en-dessous d'une clotpure que l'on doit franchir; On poinçonne la balise 2 et on poursuit sur ce chemin. Deux équipes nous doublent (dont les bretons "Les amis de ta femme") lors d'une pause "barre de céréales". La moyenne est vraiment faible sur ce sentier, mais on rejoint une portion de route puis un chemin roulant mais très humide (cela ressemble plus à un ruisseau !). Un peu de route, un petit chemin pour contourner une ferme et on attaque un enchaînement de zones remplies de cailloux. Les montées se font à pied, et pour le reste on alterne entre roulage et poussage du vélo. La moyenne horaire chute encore et Arno n'est plus très optimiste pour la première barrière horaire. On nous avait parlé au briefing d'une "grosse" section VTT, c'est bien le cas. Impossible de laisser des balises (dans l'optique de passer les barrières horaires) car il y a de nombreuses routes interdites. Encore une grosse montée et on rejoint une grande route. Quelques encouragements des courageux bénévoles qui auront été aussi trempés que nous tout le week-end. 800 mètres de route, puis une piste qui rentre dans la forêt. Les trois derniers kilomètres sont très roulants dans la forêt, ce qui nous rassure pour la barrière horaire que nous rejoignons à 7h50 (avec 25 minutes d'avance). 

    SECTION 12  :  

           Épreuves : Spéléo  0,4 km  
           En course : Arno et Maxime

    L'état de la côte d'Arno étant incertaine (ça a l'air d'aller quand c'est chaud), c'est moi qui ferait le trail-C.O avec Maxime. Arno part donc avec Maxime sur cette épreuve surprise, de la spéléo dans la grotte de Labeil, afin que je me ravitaille correctement, avant un éventuel enchaînement de trois sections (si on franchit la barrière horaire). Pas de souci en spéléo, si ce n'est leur grande taille qui ne les avantage pas trop, ils reviennent au bout de 25 minutes en ayant pointés les 4 balises de cette section.

    Orient'Raid

    SECTION 13  :  

           Épreuves : Trail suivi d'itinéraire  + C.O photo aérienne  4,3 km (310 m D+)  
           En course : Maxime et Tibo

    Après un départ sur route en descente, on rentre en sous-bois, sous une petite falaise, puis on monte une côte très raide. On rejoint l'équipe mixte des Chauds Patates. On est un peu plus rapide, mais une hésitation au niveau d'une clairière (mauvaise lecture d'échelle) leur permet de revenir et de nous doubler. On les rattrape et on finit ensemble la partie en suivi d'itinéraire qui nous mène à la balise 1 de la C.O. C'est ensuite que cela se complique. La C.O photo aérienne (échelle 1/4500) a pour lieu un immense champ de cailloux (des rochers de toutes les tailles) entourés par de nombreux bosquets. Les chemins sont petits, peu nombreux et très peu visibles sur la carte. On trouve rapidement la balise 2, puis on part vers la 3 à l'azimut. Les contournements de rochers dévient notre trajectoire et on perd nos repères. Gros moments de doute. Une équipe qui galère sur la 4 nous remet sur les rails. Moins de souci sur la 4, puis on décide de laisser la 5 (seulement 15 minutes de pénalité, ce n'est rien à l'échelle d'un tel raid) pour ne pas compromettre nos chances de passer la barrière horaire. Le brouillard revient, ce qui complique encore un peu les choses, mais on a fait l'essentiel de cette C.O. On retrouve plusieurs équipes, que l'on finit par trouver (on était prêt à la laisser). Direction ensuite la route, avant d'entamer la remontée jusqu'à l'immense antenne télécom, le tout sous l'orage qui éclaire et gronde. A la route, on galère pour trouver un passage dans la végétation (plusieurs demi-tours). On y parvient finalement et on rejoint une autre équipe. Le brouillard est très épais et la remontée est douloureuse dans le champ d'épineux (j'ai oublié mes guêtres toutes neuves au départ de cette C.O et mes jambes le regrettent fortement). On laisse la balise 7 dans le brouillard et on poursuit la montée, pas certain de l'axe. A ce moment, je dis à Maxime que ce serait bien que cela se dégage un peu afin que l'on visualise l'antenne. Quelques secondes plus tard, on l'aperçoit juste alors que l'on est très prêt (elle doit pourtant faire une cinquantaine de mètres de haut). Une dernière balise, un saut de clôture et on file le long des véhicules pour rejoindre le pointage de fin de section. On apprend alors que la course est neutralisée entre raison des orages violents, d'autant plus qu'il y a des passages en crête sur la section suivante (VTT road-book). On file se mettre au chaud dans le camion, en attendant la suite.

    COURSE ARRÊTÉE  :   Vers 10h30, l'organisateur remonte la file des véhicules d'assistance et nous annonce la fin du raid, l'alerte orange ayant été déclenchée sur le département de l'Hérault (synonyme d'interdiction de manifestations sportives de nature). Il nous faut maintenant rejoindre le site d'arrivée (Saint Jean de Fos) en véhicule. Seules 7 équipes ont pu se lancer sur le VTT road-book, elles seront arrêtées en cours ou en fin de section. Notre chauffeur Yvon nous conduit donc à Saint Jean de Fos, où nous rendons nos doigts électroniques en troisième position, ce qui fera espérer à certains une troisième place sur le raid (il ne faut pas rêver !). Une douche rapide, le rangement du camion (beaucoup plus long) et direction la salle des fêtes pour le repas de fin de course. On retrouve les Coyotes, qui se sont fait remarqués sur la section 13, en déclenchant le SOS de leur tracker GPS (perdus dans le brouillard). Un repas dans une bonne ambiance, avant la remise des prix.

    RÉSULTATS  : Lozère Sport Nature place ses équipes aux 1ère et 3ème place des équipes masculines, le podium étant complété par l'équipe Raidlinks 07. En mixte, Quechua (3ème scratch) devance Arverne Outdoor pour 18 secondes (!!) et les Chauds Patates. En féminines, les Caux Rageuses (les Haut-Normandes vainqueurs de Suisse Normande Le Raid) s'intercalent à la seconde place entre les deux équipes des Raidlinks 07. De notre côté, nous prenons finalement la 16ème place au scratch (13ème équipe masculine). Seules 28 équipes seront classées, la difficulté du parcours et les conditions météo ayant fait de gros dégâts.

    BILAN : Pas évident de résumer un tel week-end (la preuve, ça fait déjà 200 lignes !). Première chose, ce fut un excellent week-end, malgré les conditions dantesques. Les météorologues appellent cela épisode cévenol, et là on a pris l'option brouillard en plus. Et dire qu'il faisait super beau lors de Suisse Normande Le Raid ! Cela vaut le coup d'aller dans le Sud ...
    Sur le plan sportif, même si la qualification a été obtenue de justesse, nous avons prouvé que nous avions largement notre place sur cette finale, notre 16ème place étant un peu au delà de nos espérance, compte-tenu du niveau de cette finale. La France fait partie des grandes nations du raid multisport et il y avait au départ pas moins de sept équipes ayant participé au Championnat du Monde 2012. Comme à Millau, nous avons vraiment apprécié ce format de course stratégique (en 2 + 1) et je pense que nos choix de coureurs sur les différentes sections ont été les bons. Sur le plan humain, ce fut une très belle aventure à quatre, avec un assistant qui fait partie intégrante de l'équipe. J'en profite pour remercier Yvon, sans qui nous n'aurions pu participer à cette finale. Place maintenant aux épreuves hivernales, avant la reprise du Challenge National en 2013 et peut-être un projet de "gros" raid.